jeudi 8 septembre 2011

Lorsque Pole Emploi s'associe au pouvoir pour faire condamner ceux qui revendiquent le droit d'obtenir un emploi

TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE RENNES

Audience du 28 septembre 2011 à 16 heures

POUR

BOUTHEMY Jean claude

Le Pont Besnard 35460 La SELLE en cogles

Prévenu

CONTRE

POLE EMPLOI

Partie civile

Ayant pour Avocat Me Eric LEMONNIER

PLAISE AU TRIBUNAL

Dénonciation Calomnieuse

Normalement le rôle de Pole Emploi consiste à aider les chomeurs dans leur recherche d’un emploi.

Il est vrai que ce rôle devient de plus en plus difficile lorsque les emplois diminuent et que dans le même temps le nombre de demandeurs d’emploi augmente. Dans ce genre de situation, il n’y a pas de miracles à attendre surtout lorsque l’on connaît l’existence du NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) que l’on traduit en français sous le terme de taux de chômage n'accélérant pas l’inflation.

Normalement on attendrait des responsables de Pole emploi qu’ils alertent les autorités sur la situation intolérable que vivent les chomeurs pour que ceux-ci prennent enfin des mesures susceptibles de rétablir un certain équilibre entre l’offre et la demande de travail. Mais cela ne rentrerait pas dans la logique des lois auxquelles se plient nos responsables politiques et qui visent avant tout à lutter contre l’inflation en maintenant un taux de chomage qui empêche toute inflation des salaires. Tant pis si l’inflation dans le domaine du logement, des matières premières et autres produits de première nécessité aboutit à faire perdre du pouvoir d’achat à ces mêmes salariés et aux chomeurs.

Faute de pouvoir répondre aux demandes des chomeurs, Pole Emploi va s’évertuer à les culpabiliser. Si ils se retrouvent au chomage, ce sera toujours de leur faute. Avec des explications plus ou moins farfelues mais qui auront au moins l’avantage de ne jamais remettre en cause les politiques de nos gouvernants. Ce sera le manque de formation ou une formation inappropriée, le manque de souplesse du chomeur que ce soit au niveau des horaires, des déplacements ou du type de contrat, la personnalité même de l’individu avec stage de relooking ou préparation à l’entretien…

Bref le chomage ne saurait jamais être imputable aux politiques ou aux industriels et financiers mais toujours au chomeur lui-même.

Et lorsque le chomeur se dit qu’il n’est pour rien dans les choix stratégiques effectués par nos dirigeants et qui aboutissent à ces situations et que la responsabilité d’une telle situation incombe à ceux qui ne respectent pas la mission qui leur a été assignée par la Constitution, à savoir permettre à chacun d’obtenir un emploi comme inscrit à l’alinéa 5 du Préambule de la Constitution, c’est aussitôt la grosse artillerie qui est employée.

J’en ai eu l’exemple après avoir tagué l’ANPE de Fougères en inscrivant sur la façade du batiment ; ALINEA 5 un EMPLOI pour CHACUN.

Dans la plainte enregistrée au commissariat de Fougères, j’ai eu la surprise d’y lire cette phrase : Monsieur BOUTHEMY est venue à l’agence le 06 10 2008 et ne voulait pas être dispensé de recherche d’emploi alors que son âge l’y autorise légalement…Voilà le grand reproche que l’on me fait : ne pas me résigner à 57 ans à survivre avec 450 Euros mensuels…Et participer à cette armée de chomeurs qui ne cesse de grossir mais qui doit souffrir en silence, sous peine de sanctions.

C’est ainsi qu’après avoir porté plainte contre moi, Pole Emploi se constitue partie civile devant le tribunal et demande réparations au titre d’un préjudice matériel d’un montant de 481, 39 € consistant dans le nettoyage par aérogommage du principe constitutionnel que j’avais inscrit sur la façade du batiment occupé par l’ANPE et demande aussi à être indemnisé pour ses frais judiciaires d’un montant de 717,60 €.

Il n’est pas question d’insister sur le fait que le total correspond à environ 3 mois de mes revenus.

Je suis cependant satisfait de lire dans les conclusions de Pole Emploi cette phrase : En tout cas, nul ne conteste ce principe (il s’agit du droit constitutionnel d’obtenir un emploi) et en tout cas pas l’ANPE POLE EMPLOI, dont justement la mission est de le mettre en œuvre.

Dans cette logique d’un droit à l’emploi pour tous, au lieu de s’associer au pouvoir politique qui ne permet pas l’application effective de ce droit constitutionnel, c’est à mes cotés pour demander une réelle politique de l’emploi que Pole Emploi devrait se trouver.

Pole Emploi a fait un autre choix, celui des pouvoirs publics, celui de l’autorité de tutelle, celui de la répression des chomeurs, celui de l’illégalité…Car Pole Emploi n’a légalement aucun droit à agir devant la justice.

Non seulement le role de Pole Emploi est contestable au vu de sa mission auprès des chomeurs mais il est condamnable au vu du droit.

D’une part l’ ANPE n’étant pas propriétaire des locaux, l’inscription ayant été faite à l’extérieur du batiment et sur un terrain privé, et le contrat de location prévoyant une assurance contre les dégradations de toutes origines, d’autre part le message se contentant de rappeler le texte de la Constitution, en toute logique l’ANPE n’avait aucune raison de porter l’affaire devant la justice. Cette possibilité revenant soit au propriétaire soit à la compagnie d’assurances.

Reste à savoir ce qui a pu motiver la démarche des responsables de Pole Emploi. Soit il s’agit d’une haine féroce vis-à-vis des chomeurs résultant de la situation d’échec à laquelle ils sont confrontés soit ils ont été victimes de la part de leur autorité de tutelle d’une pression telle qu’ils n’avaient d’autre choix que de violer la loi.

De ma part, il n’est pas question de m’en prendre aux salariés de Pole Emploi, ni même à la directrice de l’agence locale qui dans sa plainte déclare : Je vais faire intervenir les services techniques de la Ville de FOUGERES pour effacer cette inscription mais je devais d’abord déposer plainte pour qu’ils interviennent. Il est évident qu’elle ignorait la situation immobilière de l’agence et qu’elle appliquait les directives qui lui étaient données par la direction régionale ainsi qu’elle me l’a confirmé au téléphone.

La responsabilité en incombe à la direction de Pole Emploi, à l’époque toujours ANPE. Ils ne pouvaient ignorer que le batiment appartenait à une SCI immatriculée au registre du commerce de St Brieuc. Cependant il est peu probable, quelle que fut leur volonté de me faire payer mon initiative, que les dirigeants aient décidé d’eux mêmes de se substituer au propriétaire et de violer ainsi la loi. L’initiative d’une telle démarche ne pouvait venir que du sommet de la hiérarchie, pour le moins du ministère, si ce n’est de plus haut.

Toujours est-il qu’ils ont commis une faute que le tribunal devra sanctionner et pour laquelle je demande réparation du préjudice subi que j’évalue à la somme de 5000 euros.

Dans son article 226-10, le code pénal réprime la dénonciation, effectuée par tout moyen et dirigée contre une personne déterminée, d'un fait qui est de nature à entraîner des sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires et que l'on sait totalement ou partiellement inexact,…Nous sommes exactement dans cette situation où les responsables de Pole Emploi s’approprient le titre de propriétaire pour porter plainte contre ma personne…La loi réprime la dénonciation calomnieuse mais ce qui me plait davantage, c’est que pour les personnes morales, l’article 226-12 prévoit :

2° L'interdiction à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus d'exercer directement ou indirectement une activité professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise ;

Quel rêve que de voir tous ces responsables de Pole Emploi confrontés au chomage. Peut être seraient-ils alors plus favorables à l’application effective du droit constitutionnel d’obtenir un emploi !!!

PAR CES MOTIFS

Je demande au tribunal de

1 Débouter Pole Emploi de toutes ses demandes

2 Dire que Pole Emploi n’avait pas qualité pour porter plainte

3 Condamner Pole Emploi à me verser à titre de dommages et intérêts la somme de 5 000 euros.

Proposition de Constitution de Partie Civile


Proposition de Constitution de Partie Civile que chacun peut adapter à sa façon.

Elle se fait par lettre recommandée (4.38 €) ou par fax (02 99 31 06 15) adressé à Mr le Président du tribunal de grande instance de Rennes, 7 rue Pierre Abélard, 35031 RENNES CEDEX ou encore par mail à l’adresse suivante tgi-rennes@justice.fr



Mr le Président du tribunal de grande instance de Rennes
7 rue Pierre Abélard
35031 RENNES CEDEX






CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE
Devant le Tribunal Correctionnel de Rennes
Lors de l’audience du 28 septembre 2011 à 16 heures



Présentée par
Mr, Mme X…demeurant Y…

Dans l’affaire Etat Français c/ Bouthemy Jean Claude N° 08000033847

En ne permettant pas à chacun de nos concitoyens de bénéficier du droit constitutionnel d’obtenir un emploi inscrit à l’alinéa 5 du Préambule de notre Constitution, l’Etat français n’a pas assumé ses obligations et s’est rendu coupable de faute grave en contraignant au chomage une partie de la population et en ne leur permettant pas de vivre dans des conditions décentes.

J’estime avoir subi un préjudice personnel (vous pouvez préciser : chomage, angoisse, pauvreté, violation de la Constitution…) pour lequel je demande au tribunal de m’accorder réparation en condamnant l’Etat Français à me verser la somme de un euro symbolique.

Date


Nom et signature

vendredi 25 mars 2011

Lettre recommandée à mes témoins leur rappelant la nécessité de leur présence à l'audience du 28 septembre 2011

A Mr Jean Louis DEBRE, Président du Conseil Constitutionnel, Mr Jean Luc WARSMANN Président de la Commission des lois à l’Assemblée Nationale et Mme Martine AUBRY Première Secrétaire du Parti Socialiste

Votre témoignage devant le tribunal correctionnel de Rennes

A l’audience du 28 septembre 2011 à 16 heures

LR avec AR

Madame, Messieurs,

Renvoi de l’audience au cours de laquelle votre témoignage est attendu

Le 11 février 2011, vous avez reçu une citation à comparaitre en qualité de témoin à l’audience du mercredi 23 février 2011 du tribunal correctionnel de Rennes.

Par courrier, vous avez informé le Président du tribunal de votre indisponibilité pour cette audience.

C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à Madame la Présidente de l’audience un renvoi à une date suffisamment éloignée pour que vous puissiez prendre vos dispositions pour apporter votre témoignage dans l’affaire qui me concerne.

La demande de renvoi a été acceptée et la date de l’audience qui aura à examiner cette affaire est fixée au mercredi 28 septembre 2011 à 16 heures au tribunal de grande instance de Rennes, 7 rue Pierre Abelard 35000 Rennes.

Je vous demande de retenir cette date dans votre agenda.

Une obligation de témoigner

Je suis persuadé que vous en savez davantage que moi-même sur les obligations qui concernent les citoyens appelés à apporter leur témoignage devant la justice, cependant je me permets de formuler par écrit les raisons qui justifient votre témoignage et, par la même occasion, ma détermination à user de tous les moyens légaux pour le rendre effectif.

1 Il existe un principe fondamental inscrit dans la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales.

Ce principe figure à l’Article 6 – Droit à un procès équitable, et plus précisément à l’alinéa 3d qui affirme que

Tout accusé a droit notamment à :

d interroger ou faire interroger les témoins à charge et obtenir la convocation et l'interrogation des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge;

La jurisprudence de la Cour de cassation sanctionne la violation de cette règle qui donne au prévenu la liberté dans le choix des témoins à décharge.

C’est ainsi que l’arrêt du 23 juin 2004 casse et annule l’arrêt de la cour d’appel de Grenoble Attendu que, pour rejeter la demande présentée par Guy X…, tendant à l’audition de trois témoins cités par son avocat, l’arrêt énonce que ces derniers « n’ont pas assisté aux faits litigieux » ;

Mais attendu qu’en prononçant ainsi, alors que ces témoins n’avaient pas été entendus par le tribunal, la cour d’appel a méconnu le sens et la portée du texte susvisé

Une jurisprudence réaffirmée dans l’arrêt de la chambre criminelle de la Cour de Cassation du 3 juin 2009, N° de pourvoi : 08-83.665.

2 Dans le droit français, ce sont les articles 435 à 457 du Code de procédure pénale qui fixent les règles auxquelles doit répondre l’audition des témoins.

L’article 437 est ainsi rédigé : Toute personne citée pour être entendue comme témoin est tenue de comparaître, de prêter serment et de déposer sous réserve des dispositions des articles 226-13 et 226-14 du code pénal.

L’article 438 fixe l’amende qui sanctionne le non respect de l’article 437 : Le témoin qui ne comparaît pas ou qui refuse, soit de prêter serment, soit de faire sa déposition, peut être, sur réquisitions du ministère public, condamné par le tribunal à une amende de 3 750 euros.

L’article 439 donne au tribunal les moyens de forcer un témoin à comparaitre :Si le témoin ne comparaît pas, et s'il n'a pas fait valoir un motif d'excuse reconnu valable et légitime, le tribunal peut, sur réquisitions du ministère public ou même d'office, ordonner que ce témoin soit immédiatement amené devant lui par la force publique pour y être entendu, ou renvoyer l'affaire à une prochaine audience.

Il est exact que la loi prévoit parfois des règles spécifiques pour des fonctions particulières mais ces exceptions ne vous concernent pas et aux yeux de la loi, vous êtes considéré comme n’importe quel autre citoyen.

Vous enverriez à l’ensemble du pays une bien mauvaise image de la haute fonction que vous occupez si vous n’acceptiez de remplir votre devoir de citoyen que sous la contrainte de la force publique prévue par l’article 439 CPP…

J’ai conscience de la gêne que cela peut vous procurer, j’ai conscience aussi du gigantesque fossé qui sépare nos personnes, vous avec des responsabilités énormes et moi, simple chomeur, vous, à la tête d’une structure indispensable à la démocratie et moi simple citoyen… C’est justement parce que vous avez une très grande responsabilité au sein de notre système démocratique que j’ai besoin de votre témoignage.

Si il ne s’agissait que de ma modeste personne, si il ne s’agissait que d’éviter une condamnation pécuniaire ou autre, d’une part je n’aurais jamais inscrit cette revendication sur des batiments officiels et d’autre part c’est parce qu’il s’agit de quelque chose qui dépasse ma propre situation, qui concerne un droit fondamental et que des millions de nos concitoyens en subissent les conséquences, que votre témoignage est indispensable.

L’obligation de défendre un droit constitutionnel

Au-delà du respect du à la loi, au-delà de ma détermination à faire respecter ce droit, il y a une raison pour laquelle en tant que témoin, vous devriez être particulièrement motivé pour apporter votre témoignage, il s’agit de l’ Article 16 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 qui affirme que - Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

Si il n’existe plus de Constitution, ce sont vos fonctions elles mêmes qui perdent le support juridique de leur existence.

Dans la logique de cet article 16, à partir du moment où la garantie des droits n’est plus assurée comme cela semble être le cas en ce qui concerne le droit constitutionnel d’obtenir un emploi, c’est toute la Constitution qui est considérée comme inexistante.

Dans la mesure où c’est la Constitution qui encadre l’existence des partis, de la représentation nationale et des élus, en son absence ce sont les fondements juridiques de nos assemblées nationales et de toutes nos institutions qui s’écroulent.

Etant donné les fonctions que vous occupez , vous devriez être soucieux, au moins autant que n’importe quel citoyen, de la garantie effective de nos droits fondamentaux.

Un témoignage sur le contenu de ma revendication

Je partage votre opinion sur le fait que vous ne pourrez guère apporter d’éclaircissements sur les circonstances de l’acte qui me vaut de paraître devant la justice. Il s’agit d’un point que je ne conteste nullement, ni sur la matérialité des faits ni sur ma responsabilité personnelle.

C’est pourquoi votre témoignage ne saurait concerner ce registre.

Par contre vous seul, pouvez témoigner sur les démarches que j’ai entreprises auprès de vous-même et de votre organisation, pour vous alerter concernant ce droit constitutionnel et vous demander d’y apporter une solution permettant l’application concrète de ce droit.

Vous seul pouvez donner l’interprétation de votre institution concernant les droits constitutionnels en général et plus particulièrement le droit d’obtenir un emploi.

Comme je l’écrivais dans la citation à comparaitre qui vous a été délivrée

Les questions porteront essentiellement sur le « droit d’obtenir un emploi » inscrit à l’alinéa 5 du Préambule de la Constitution.

Vous serez appelé à donner votre témoignage sur les exigences d’un tel droit, sur son application et les obligations qu’il entraine pour l’institution dont vous êtes le représentant mais aussi pour chacun des citoyens qui constituent notre pays.

Il est évident que le parquet voudrait éviter les questions qui gênent et zapper le droit constitutionnel d’obtenir un emploi en limitant le débat à la question de « dégradation ou détérioration d’un monument ».

Comment une bonne justice pourrait-elle être rendue si le tribunal faisait abstraction du contenu de ma revendication ???

Ce serait aussi incompréhensible que l’attitude d’un tribunal qui, face à des écrits racistes, homophobes ou antisémites, limiterait son champ d’investigation à la dégradation ou la détérioration du support sans s’intéresser au contenu des écrits.

Pour exister avec le maximum d’efficacité une démocratie a besoin que chacun des pouvoirs qui la composent s’exerce pleinement.

Votre témoignage permettra à la justice de se prononcer sur la question qui lui est soumise après avoir pris connaissance du point de vue d’une des institutions les plus indispensables au fonctionnement de la démocratie.

Je ne doute pas que vous aurez à cœur d’apporter votre contribution sur un droit fondamental en étant présent à l’audience du tribunal correctionnel de Rennes du 28 septembre 2011 à 16 heures .

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes sentiments les plus respectueux.

La Selle en cogles, le 22 mars 2011.

BOUTHEMY

jeudi 24 février 2011

Pole emploi présente l'addition





Voila ce qu'il en coutera à ceux qui seraient tentés de m'imiter.
Et dire que si j'avais agi discrètement, au lieu de taguer en plein jour sous les yeux des passants, il ne m'en aurait rien couté!!! Quel con j'ai été.
Ne m'imitez surtout pas.

lundi 14 février 2011

arguments que j’entends présenter devant les juges pour la défense du droit d’obtenir un emploi

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE RENNES



AUDIENCE DU 23 FEVRIER 2011 à 14 heures 00

ETAT c/ BOUTHEMY jean claude
Et réciproquement par demande incidente



Objet : Tag sur monument public
Revendication d’un droit constitutionnel
Application du droit constitutionnel d’obtenir un emploi
Dédommagement d’un préjudice matériel et moral






Le droit d’obtenir un emploi.



Un droit Constitutionnel

C’est l’alinéa 5 du Préambule de la Constitution qui l’annonce : Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi.
A partir du moment où le terme Obtenir est défini par le dictionnaire comme Parvenir à se faire accorder ce que l’on désire, on n’imagine pas que cela corresponde à la galère imposée à tout demandeur d’emploi.
C’est en application de ce principe que la nation a pu intégrer, dans un contexte autrement plus difficile que le contexte actuel, les 2 millions de personnes qui en 1945 sont revenues des camps de déportations, des camps de prisonniers de guerre ou du travail obligatoire.
C’est ce même principe qui a permis, dans les années 1960, que tous ceux qui étaient chassés des anciennes colonies d’Afrique ou d’Asie ont pu surmonter leur traumatisme.

C’est un principe fondamental dans la mesure où il permet, à celui qui ne bénéficie pas de fortune personnelle ou des relations susceptibles de l’aider, de s’insérer dans la société française et de pouvoir bénéficier, grace à son revenu, de tous les autres droits inscrits dans la Constitution.

Face à la réalité du chomage qui touche plus de 4 millions de nos concitoyens, nous sommes obligés de constater que nous sommes loin de ce principe constitutionnel.
Combien l’individu se sent impuissant lorsqu’il constate que pour un concours de 200 postes, il se retrouve en concurrence avec 40 000 autres candidats qui ont tous les qualifications requises pour occuper ces emplois, à savoir Bac+2.

Un droit indispensable pour vivre décemment et bénéficier de tous les autres droits

Et pourtant, dans un monde où la bonne volonté ne suffit plus, où le temps de la chasse et de la cueillette sauvages est prohibé, où l’espace public se rétrécit au profit de l’espace privé, où l’existence ne saurait se limiter à survivre, l’emploi est indispensable pour tous ceux qui veulent mener une vie décente.
Cela suppose de la part des pouvoirs publics de créer les conditions économiques qui permettent ces emplois avec des choix qui restent dans les mains des décideurs politiques.
Encore faut-il qu’il y ait une réelle volonté de faire quelque chose qui aille dans ce sens. Ce qui ne semble pas le cas aujourd’hui.
Au point d’aboutir à ce paradoxe qui fait qu’alors que nous sommes l’un des seuls pays occidentaux à avoir ce droit inscrit dans notre Constitution, nous sommes l’un de ceux où le taux de chomage est le plus élevé. Comme si, à partir du moment où les citoyens bénéficiaient de ce droit Constitutionnel, cela exonérait les pouvoirs publics de le mettre en application. Un droit virtuel en quelque sorte…

Une contrepartie indispensable au droit de la propriété privée

Dans une société où l’espace public se réduit comme peau de chagrin, où l’Etat protège le droit de propriété, où l’appropriation individuelle des biens ne connaît aucune limite, le droit d’obtenir un emploi apparaît comme la contrepartie indispensable pour que celui qui ne dispose pas de fortune personnelle puisse cependant obtenir les revenus lui permettant de se procurer le minimum pour mener une vie décente.
L’Etat ne peut pas justifier et protéger l’appropriation individuelle des biens disponibles sans contrepartie pour ceux qui n’ont pas les moyens de cette appropriation. Lorsque l’extension de la propriété privée aboutit à priver une partie de la population des moyens décents de subsistance, c’est le fondement moral de la défense de la propriété privée par l’Etat qui vacille.
Que reste-t-il pour ceux qui ne bénéficient pas de ce droit de propriété ???
Bénéficier de la charité ou du bon vouloir des possédants ne peut être une réponse acceptable pour ceux qui n’ont rien.
En permettant d’obtenir un emploi, à ceux qui n’ont comme source de revenus que leur force de travail, ce droit constitutionnel rétablit un système de sécurité qui leur permet de vivre décemment dans cette société sans avoir à dépendre de la charité où à recourir à des sources de revenus illégales.
Plutot que de supprimer ce droit d’obtenir un emploi, l’étape suivante consisterait à agir pour que ce droit soit intégré dans les droits de l’homme.


La volonté de faire reconnaître un droit constitutionnel fondamental


Le principe général

Dans un arrêt du 26 juin 1959 - Syndicat général des ingénieurs-conseils - Le Conseil d’Etat avait formulé une règle simple : « Les principes généraux du droit, résultant notamment du Préambule de la Constitution, s’impose à toute autorité réglementaire, même en l’absence de dispositions législatives. » En s’appuyant sur cet Arrêt, on pourrait s’imaginer que le droit d’obtenir un emploi est un droit opposable que chacun peut revendiquer et pour lequel il peut obtenir des dédommagements au cas où les pouvoirs publics ne lui permettent pas d’en bénéficier.
Et pourtant !!!

La position du Conseil Constitutionnel

Le Conseil Constitutionnel ne s’est jamais prononcé directement sur ce droit spécifique. Cependant, à diverses occasions,( Décisions n° 85-200 DC du 16 janvier 1986, n° 98-401 DC du 10 juin 1998…), il a rappelé qu'il revient par ailleurs au législateur de fixer les principes fondamentaux du droit du travail, et notamment de poser des règles propres à assurer au mieux, conformément au cinquième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, le droit pour chacun d'obtenir un emploi, tout en ouvrant le bénéfice de ce droit au plus grand nombre d'intéressés.
On ne peut être que surpris de lire, de la part du Conseil Constitutionnel, de telles phrases concernant un droit fondamental : assurer au mieux… tout en ouvrant le bénéfice de ce droit au plus grand nombre d'intéressés.
Des notions qui ne sont guère compatibles avec la rigueur juridique et s’appliquent davantage aux privilèges de l’Ancien Régime abolis dans une nuit du 4 aout…
Doit-on considérer que le droit d’obtenir un emploi serait réservé à des privilégiés, fussent-ils le plus grand nombre ?
On peut expliquer ce comportement par le fait que les membres du Conseil Constitutionnel ne sont pas des juges mais des sages qui, lorsqu’ils ne sont pas appelés à sanctionner, préfèrent user de la persuasion plutot que de la contrainte…
Toujours est-il que la réalité du chomage correspond à cette vision élitiste du droit d’obtenir un emploi !!!


Le seul droit constitutionnel qui n’aurait pas une application concrète.

Il est vrai que pendant les 30 glorieuses, la question du chomage ne se posait pas dans un contexte économique qui privilégiait la croissance et l’emploi, fut ce au prix d’un inflation que certains jugeaient excessive.
Il est vrai que le droit d’obtenir un emploi ne peut bénéficier qu’aux plus pauvres, à ceux qui ne disposent pas des relations susceptibles de leur procurer un emploi, à ceux qui n’ont pu suivre les formations valorisantes, à ceux qui ne disposent pas de moyens financiers leur permettant de créer leur propre emploi.
Il est vrai que les pauvres n’ont guère l’habitude de faire valoir leurs droits. Même lorsqu’ils connaissent leurs droits, le recours à la justice demeure exceptionnel tant le résultat parait aléatoire en comparaison de l’énergie et des frais engagés.

Le recours à la justice administrative

Confronté à la situation du chomage ainsi que 4 millions de nos concitoyens et considérant que l’obligation des pouvoirs publics consiste à tout mettre en œuvre pour que chacun puisse bénéficier d’un emploi, je me suis donc adressé à la justice administrative pour faire reconnaître et réparer le préjudice subi du fait de n’avoir pu bénéficier du droit constitutionnel d’obtenir un emploi.
Ma demande était rejetée le 24 janvier 2006 par le tribunal administratif de Rennes.
Ce que confirmera la Cour administrative d’Appel de Nantes en justifiant sa décision de rejet au motif que le principe posé par les dispositions du cinquième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, aux termes duquel « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi… », ne s’impose au pouvoir réglementaire en l’absence de précision suffisante, que dans les conditions et les limites définies par les dispositions contenues dans les lois….

Une décision incompréhensible si on la rapproche de l’arrêt du 26 juin 1959 qui énonce que « Les principes généraux du droit, résultant notamment du Préambule de la Constitution, s’impose à toute autorité réglementaire, même en l’absence de dispositions législatives. ». Encore plus incompréhensible si on se réfère à l’article 4 du Code civil qui énonce que Le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice.
Le Conseil d’Etat m’ayant refusé la possibilité d’un pourvoi, il ne me restait plus qu’à m’adresser directement au législateur pour apporter aux juges les précisions nécessaires dans l’interprétation du droit constitutionnel d’obtenir un emploi.

Le recours au législateur

D’une part j’ai envoyé un courrier à chacun des 69 membres de la commission des lois de l’assemblée nationale, ce qui n’a suscité qu’une seule réponse en plus de l’accusé de réception du Président de la Commission. D’autre part j’ai contacté les trois principaux partis politiques, UMP, PS et PC en leur demandant de répondre aux demandes des juges administratifs par l’intermédiaire de leurs élus, ne serait ce qu’en interpellant le gouvernement sur les mesures qu’il comptait prendre pour apporter aux juges les précisions qui leur manquaient…
En vain.

Il me fallait me résigner au fait que au-delà de leurs différences respectives, les hommes politiques avaient tous accepté la règle du libéralisme qui condamnait le droit d’obtenir un emploi.

L’action délictuelle

Devant l’absence de résultat de mes démarches, c’est la population elle-même que j’ai essayé d’interpeller en portant mes revendications directement sur les murs de bâtiments officiels à l’image de la devise de la République qui était inscrite sur le fronton des batiments publics.
Le message était simple : ALINEA 5 un EMPLOI pour CHACUN.
En choisissant à Fougères d’inscrire ce slogan sur les murs de l’ANPE, je voulais rappeler aux chomeurs que la situation qu’ils vivaient n’était pas inéluctable et qu’elle résultait d’une violation manifeste d’un droit constitutionnel auquel chacun pouvait prétendre.
J’avais conscience d’enfreindre une loi tout comme celui qui brise la vitre d’une voiture pour sauver l’enfant en train de mourir de déshydratation.
Pour faire vivre un droit fondamental si utile pour tous ceux qui étaient confrontés à ce problème du chomage, un rappel de la loi ne m’apparaissait pas superflu…D’autant que la loi elle-même autorise ce genre d’infraction en affirmant dans l’article 122-7 du Code pénal que N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace.

L’état de nécessité

L’article 122-7 du Code Pénal énonce : " N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ".
L’état de nécessité se définit comme la situation dans laquelle se trouve une personne qui, pour sauvegarder un « intérêt supérieur » n’a d’autre ressource que d’accomplir un acte défendu par la loi pénale .
Dans l’arrêt du 6 décembre 1957 la Cour d’Appel de Colmar a écrit que si l’état de nécessité est une notion strictement exceptionnelle, il serait contraire à son esprit d’en limiter l’application à la défense d’intérêts matériels fussent-ils vitaux; qu’on doit l’étendre à la protection des intérêts moraux supérieurs, tel l’honneur de la personne ou du foyer qui, pour l’honnête hom­me, ont autant de prix que la vie.
Certains estimeront qu’une justice qui prend en considération des notions d’ intérêts moraux supérieurs ou d’honnête hom­me n’a aucune place dans notre société matérialiste.
Personnellement je persiste à croire que la protection d’un droit constitutionnel justifie que l’on fasse des infractions au droit ordinaire. Ce qui revient à dire que la justice est un impératif supérieur au droit, si bien qu'une juste cause rendrait licite l'usage de tout moyen d'action, fût-il illégal.

Nous sommes exactement dans cette situation. Parmi les normes juridiques, tout droit constitutionnel est supérieur à n’importe quelle loi ou règlement. Ce droit est menacé dans la mesure où les autorités judiciaires et institutionnelles ont décidé de le considérer comme inexistant.
Pour sauvegarder ce droit constitutionnel, j’ai engagé diverses actions légales qui se sont heurtées à l’indifférence des autorités compétentes.
Il ne me restait qu’à interpeller directement la population concernée en taguant l’ANPE, c'est-à-dire l’administration dont c’est en principe l’un des rôles que de rendre ce droit institutionnel effectif.
En application de l’état de nécessité, je dois être relaxé du chef d’accusation qui m’a amené devant le tribunal.

D’où me vient cette certitude d’avoir raison ?

Lorsque les hommes politiques mais aussi les juges administratifs ne partagent pas mon interprétation concernant l’alinéa 5 du Préambule, sur quels éléments je peux appuyer ma certitude d’avoir raison ?


1 Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame … en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :
C’est en ces termes que les rédacteurs de la Constitution de 1946 et de son préambule ont clairement indiqué qu’il s’agissait d’une rupture dans les rapports qui existaient entre les individus, pour éviter le retour de situations conduisant aux drames vécus pendant la seconde guerre mondiale.
Il semblerait qu’avec le temps, nos dirigeants aient oublié ces principes fondamentaux avec une marginalisation d’une partie de plus en plus importante de la population qui pourrait faire resurgir les pires comportements à l’intérieur de notre société.

C’est pour éviter que certains puissent s’en prendre à des boucs émissaires, c’est pour mettre en pratique un minimum d’égalité entre les citoyens qu’il apparaît indispensable de rendre effectif le « droit constitutionnel d’obtenir en emploi ».
Si les rédacteurs de la Constitution ont jugé nécessaire d’inscrire ce droit dans la Constitution, mon expérience m’a appris que l’application effective de ce droit était la meilleure façon de rendre sa dignité au citoyen.

Ma certitude d’avoir raison de me prévaloir d’un tel droit, c’est de la Constitution elle-même que je la tiens mais aussi de l’arrêt de juin 1959 du Conseil d’Etat et aussi de spécialistes reconnus du droit constitutionnel.
C’est ainsi que Charles DEBBASCH, dans son traité de Droit administratif affirme que le préambule établit les principes fondateurs du contrat social. Et à ce titre, à l'évidence ses dispositions sont source de droit positif...le Conseil constitutionnel a consacré expressément la valeur positive et constitutionnelle du préambule. Celui ci a une valeur juridique obligatoire. Il s'impose aux autorités administratives dans toutes les dispositions.
Monsieur René CHAPUS va dans le même sens. Dans son livre intitulé Droit administratif général, il soutient que les dispositions du préambule régissent l'administration et s'imposent aux juges, réserve faite de l'hypothèse de l'écran législatif...Contrairement à une erreur souvent commise et procédant d'une prudence excessive, les décisions précitées signifient que le préambule a force de loi constitutionnelle dans la totalité de ses dispositions...
Dans les principes généraux du droit administratif Georges VLACHOS apporte certaines précisions. Il affirme que La valeur constitutionnelle du Préambule a été affirmée par la décision du 16 juillet 1971 du Conseil Constitutionnel (A.J. 1971.537,n. Rivero). Il a considéré que le Préambule de la Constitution de 1958 en fait partie intégrante et possède donc la même force juridique que le texte constitutionnel. Ainsi, le contrôle de la constitutionnalité s'étend aux dispositions que la Déclaration des droits et le préambule de 1946 consacrent...
Il poursuit Lorsque le Préambule énonce une disposition suffisamment précise pour avoir immédiatement valeur de droit positif, le juge administratif en assure le respect au même titre que les dispositions du texte de la Constitution.

Si les constituants, au sortir des drames de la seconde guerre mondiale, ont jugé nécessaire d’inscrire ce droit dans la Constitution, ce n’est pas sans raison et rien ne justifie de ne pas en tenir compte même si ce droit bénéficie en priorité aux plus pauvres.

2 Malheureusement l’histoire nous a appris que des élus pouvaient massivement trahir le mandat pour lequel ils avaient été élus. En juillet 1940, c’est à une très large majorité que les élus de tous bords ont signé la mort de la République en confiant tous les pouvoirs au Maréchal Pétain.
C’était dans d’autres circonstances mais les hommes restent fondamentalement les mêmes…La lacheté des représentants du peuple en 1940 face au nazisme n’est pas très éloignée du comportement de nos élus actuels face au libéralisme.

3 A la limite, on pourrait admettre qu’un tel droit fondamental ait été ignoré si on pouvait observer pour l’ensemble de la société une nette amélioration des conditions. Ce ne semble pas être le cas. Bien au contraire. On peut faire une corrélation entre l’augmentation du chomage et la dégradation des conditions de vie de l’ensemble de nos citoyens.
Certains ont pensé que le malheur et l’exclusion de quelques millions d’individus ne devaient pas freiner l’élan vers un monde parfait où le marché équilibrerait automatiquement les besoins des entreprises et ceux des travailleurs. De la même façon que la grandeur du 3e reich devait se construire sur la répression des juifs et des communistes, ce sont les pauvres qui ont été sacrifiés sur l’autel du libéralisme…pour aboutir à une contamination à l’ensemble de la société, mis à part une caste de protégés. Comme si le malheur des uns gangrénait automatiquement l’ensemble du corps social…
Le constat de la situation désastreuse dans laquelle notre pays s’enfonce nous oblige à conclure que les choix qui ont été faits n’ont pas été les plus adaptés pour le bonheur de nos concitoyens. Même les plus grands partisans du libéralisme mondialisé concèdent que le bilan est catastrophique…
Ce qui renforce ma conviction dans la nécessité de rendre effectifs les principes légués par nos ancêtres et que je m’évertue à ma façon de mettre en pratique.

Ce qui me vaut d’être aujourd’hui devant le tribunal.

Demandes incidentes

Le fait d’être relaxé ne serait pas suffisant.
Quitte à me retrouver devant la justice, c’est l’occasion de revenir sur toutes les questions portant sur le même sujet du droit constitutionnel d’obtenir un emploi, déjà abordées devant d’autres juridictions et qui n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes.

Le droit d’obtenir un emploi inscrit dans le Préambule est-il un droit qui entraine certaines obligations pour l’Etat comme l’affirme l’arrêt du 26 juin 1959 ?
Ce droit est-il accessible à tous les citoyens ou ne peut-il bénéficier qu’à certains, fussent-ils le plus grand nombre ?
Au nom du principe du droit opposable, l’Etat ne doit-il pas indemniser les personnes qui n’ont pu bénéficier de ce droit ?
La demande incidente que je présente devant le tribunal découle de l’article 222-19 qui énonce que Le fait de causer à autrui, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende.
L’article 111-4 du code pénal est ainsi rédigé : La loi pénale est d'interprétation stricte.
Ce qui veut dire que le juge doit s’en tenir aux termes exacts de la loi.
D’une part étant au chomage depuis plusieurs années, l’incapacité totale de travail pendant plus de trois mois est constituée et d’autre part, nul ne saurait contester que pour en arriver à plusieurs millions de chomeurs, l’Etat a fait preuve, au minimum, d’inattention ou négligence.

Ce que nous apprend aussi l’article 222-19 du Code pénal c’est l’importance accordée par la justice au fait d’être privé de la capacité de travailler…avec toutes les conséquences qui en découlent.
Il n’est pas inutile de rappeler que pour évaluer la gravité du préjudice subi, le code pénal s’appuie sur le nombre de jours où l’individu est privé de la possibilité de travailler.
Lorsque l’on sait le nombre de mois et parfois d’années auxquelles sont condamnés des millions de citoyens français, on se rend compte de la responsabilité énorme de l’Etat français vis-à-vis de ces individus alors même que la Constitution stipule que chacun a le « droit d’obtenir un emploi ».

Le fait que cette incapacité de travailler résulte du comportement de l’Etat, rendrait-il la situation plus tolérable pour ceux qui en sont atteints au point que les victimes de cette situation ne seraient pas recevables à en demander réparation ?


Des témoins dont les fonctions respectives sont susceptibles d’éclairer le tribunal sur la place des droits constitutionnels dans notre République.

Ce sont les articles 435 à 457 du Code de procédure pénale qui fixent les règles auxquelles doit répondre l’audition des témoins du prévenu.
L’arrêt de la Cour de cassation du mercredi 23 juin 2004 réaffirme le principe de la liberté du prévenu dans le choix de ses témoins.
Comme je le précise dans les citations adressées à mes témoins, « Les questions porteront essentiellement sur le « droit d’obtenir un emploi » inscrit à l’alinéa 5 du Préambule de la Constitution.
Vous serez appeler à donner votre témoignage sur les exigences d’un tel droit, sur son application et les obligations qu’il entraine pour l’institution dont vous êtes le représentant mais aussi pour chacun des citoyens qui constituent notre pays.
»

A cet effet, j’ai fait citer comme témoins Monsieur Jean-Louis DEBRÉ, Président du Conseil constitutionnel, Monsieur Jean-Luc WARSMANN, Président de la commission des lois de l’Assemblée nationale et Madame Martine AUBRY, Première Secrétaire du Parti Socialiste.
Ces 3 personnalités occupent des postes stratégiques dans le fonctionnement de nos institutions et dans l’application concrète de notre Constitution.
Si leur présence ne va pas forcément m’éviter d’être sanctionné, je désire profiter de leur témoignage sous serment pour en apprendre un peu plus sur le sort particulier réservé au droit d’obtenir un emploi. Au moins je saurais pourquoi je dois vivre cette situation de chomeur en compagnie de millions de mes concitoyens, en violation de la Constitution.


Une réparation nécessaire

Le fait d’être privé d’emploi, en plus des conséquences financières pendant la période de chomage, influence aussi le montant de la retraite perçue par le salarié. Le chomeur est donc pénalisé à double titre, d’une part pendant sa vie professionnelle mais aussi durant sa retraite.
Pour ne pas avoir bénéficié pendant plusieurs années du droit constitutionnel d’obtenir un emploi, je demande à être indemnisé du préjudice subi dont j’estime le montant à 150 000 €uros.
A ceux qui trouveraient cette indemnisation disproportionnée, je tiens à rappeler que l’Etat a accepté de verser à Mr TAPIE une indemnisation de 45 millions pour ne pas lui avoir permis de bénéficier pendant quelques années de son droit de propriété sur une partie de ses biens. Je sais que l’Etat protège davantage les riches que les pauvres mais j’aimerais penser qu’un jour le principe d’égalité soit enfin appliqué. C’est le moment d’en faire la démonstration.



PAR CES MOTIFS

Je demande au tribunal de

-Dire que le droit constitutionnel d’obtenir un emploi est un droit dont chacun peut se prévaloir.
-Dire que l’Etat français n’a pas rempli ses obligations au vu des millions de travailleurs privés d’emploi.
-Dire que j’ai personnellement subi un préjudice grave du fait de mes périodes de chomage.

-Dire qu’au vu de ma situation de chomeur, de mes diverses démarches pour bénéficier du droit d’obtenir un emploi, le geste de tagger le local de l’ANPE n’était pas disproportionné par rapport au préjudice que je subissais.
-Rejeter les demandes portées contre moi.

-Condamner l’Etat français à me verser la somme de 150 000 €uros en réparation du préjudice subi.

mercredi 19 janvier 2011

Pour ceux qui voudraient apporter leur soutien, je propose la constitution de partie civile



Mode d'emploi pour se constituer partie civile

Dans ce billet, je vais m’efforcer de présenter les différents aspects de la constitution de partie civile dans le cadre d’une procédure devant le tribunal correctionnel.

Il convient d’abord de préciser qu’il existe une grande différence entre la plainte avec constitution de partie civile et la constitution de partie civile. Dans la plainte avec constitution de partie civile, le justiciable est acteur au niveau pénal ainsi qu’au niveau civil alors que dans la simple constitution de partie civile, le justiciable n’est acteur qu’au niveau civil, c'est-à-dire qu’il demande, à l’occasion d’un jugement pénal initié par une autre partie, réparation du préjudice que lui-même estime avoir subi à l’occasion du délit soumis aux juges.
La constitution de partie civile est très souvent l’occasion de faire la démonstration de son attachement au respect de droits ou de principes que l’on juge particulièrement importants.

1
Cette procédure est ouverte à tout le monde, personne physique ou morale.
Ce sont les articles 418 à 426 du code de procédure pénale qui encadrent la constitution de partie civile.
L’avantage d’une telle procédure consiste dans le fait qu’elle peut se faire à distance, qu’elle ne nécessite pas de passer par un avocat et qu’elle est gratuite et que la présence à l’audience n’est pas obligatoire.
Elle se fait par lettre recommandée (4.38 €) ou par fax (02 99 31 06 15) adressé à Mr le Président du tribunal de grande instance de Rennes, 7 rue Pierre Abélard, 35031 RENNES CEDEX.
Pour être prise en compte, la constitution de partie civile doit parvenir au tribunal 24 heures avant l’audience.

2
La constitution de partie civile permet à chaque individu qui s’estime lésé par les faits soumis au tribunal de demander réparation du préjudice subi.

Si on s’en tient au texte de la convocation, cela consisterait à me demander des comptes sur le fait d’avoir tagué les locaux de l’ANPE de Fougères. Ce qui, je l’espère, ne viendrait pas à l’idée de ceux que je contacte…
Par contre, je vais profiter de cette audience devant le tribunal pour déposer une demande incidente en me basant sur l’article 222-19 du Code pénal pour demander réparation du préjudice subi du fait de n’avoir pu bénéficier du droit constitutionnel d’obtenir un emploi. C’est en se joignant à cette demande incidente contre l’Etat que ceux qui veulent montrer leur solidarité peuvent le faire.
Dans la mesure où il s’agit d’obtenir réparation d’un préjudice, il est nécessaire d’évaluer ce préjudice en sachant que l’Euro symbolique est tout à fait approprié à cette situation.
Cette démarche n’est pas ouverte seulement aux chomeurs qui seraient eux-mêmes victimes de la même privation du droit constitutionnel d’obtenir un emploi. Tous ceux qui sont attachés au respect de la Constitution ou qui se sentent mal à l’aise d’être contraints de vivre dans une société qui génère autant d’exclusion du fait de l’inaction de l’Etat sur la question du chomage peuvent aussi se constituer partie civile…et pour toutes autres raisons ayant un lien avec la question du chomage

3
Le risque principal demeure dans le fait d’être débouté de sa demande et d’avoir perdu le prix d’un recommandé.
Si certaines constitutions de partie civile ont pu se voir condamnées pour procédure abusive, c’est toujours lorsque la constitution civile était à l’origine de la procédure dans le cas de plainte avec constitution civile. Dans le cas présent, il s’agit de se greffer sur une procédure en cours, initiée par le parquet.

4
L’objectif n’est pas de vouloir se faire du fric.
Cela peut être l’occasion d’apporter un minimum de solidarité par rapport aux actions que j’ai entreprises…même si jusqu’ici je n’ai jamais attendu que l’on me soutienne pour entreprendre quoique ce soit.
Ce qui me semble important c’est que des gens qui commencent à comprendre toutes les tares engendrées par le libéralisme actuel, que des gens qui n’ont plus envie de devoir se battre contre tous pour exercer un emploi, que des gens qui en ont marre de cotoyer au quotidien la misère sociale, l’exclusion puissent le faire savoir, puissent l’exprimer dans une action commune, puissent rappeler aux politiques et aux gouvernants de tous bords qu’il existe d’autres solutions et entre autres le fait que « chacun puisse obtenir un emploi ».
Il n’y aura peut être personne à répondre à l’appel…Mais au moins j’aurai donné l’occasion à des individus qui en ont ras le bol de cette société de l’exprimer autrement que par des actions extrêmes comme de s’immoler par le feu, actions auxquelles en sont réduits les habitants du Magreb.

5

De manière concrète, la Constitution de partie civile doit contenir
-le nom, prénom et coordonnées de la personne ou de l’association qui se constitue civile.
-La Procédure dans laquelle on se constitue partie civile. Dans le cas présent, il s’agit de l’affaire Etat français contre Bouthemy N° 08-33847
-Le tribunal qui devra statuer : Tribunal correctionnel de Rennes audience du 23 février 2010 à 14 heures.
-Le fait qui motive la Constitution de partie civile : Le fait de ne pas m’avoir permis de bénéficier du droit constitutionnel d’obtenir un emploi ainsi que des millions de nos concitoyens.
-Le préjudice subi. Pour les chomeurs, il s’agit entre autres du fait de se retrouver au chomage . Pour les autres il peut s’agir du non respect de la Constitution mais aussi d’être contraint de vivre dans une société qui exclut et sacrifie une partie de sa population.
-La demande chiffrée de la réparation. A mon avis, l’Euro symbolique est le plus approprié pour montrer que dans cette affaire, la constitution de partie civile vise surtout à défendre un droit constitutionnel mais chacun reste libre de chiffrer le préjudice au niveau financier qu’il estime le plus approprié.




Prototype de Constitution de Partie Civile que chacun peut adapter à sa façon.



Mr le Président du tribunal de grande instance de Rennes
7 rue Pierre Abélard
35031 RENNES CEDEX






CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE
Devant le Tribunal Correctionnel de Rennes
Lors de l’audience du 23 février 2011 à 14 heures



Présentée par
Mr, Mme X…demeurant Y…

Dans l’affaire Etat Français c/ Bouthemy Jean Claude N° 08000033847


En ne permettant pas à chacun de nos concitoyens de bénéficier du droit constitutionnel d’obtenir un emploi inscrit à l’alinéa 5 du Préambule de notre Constitution, l’Etat français n’a pas assumé ses obligations et s’est rendu coupable de faute grave en contraignant au chomage une partie de la population et en ne leur permettant pas de vivre dans des conditions décentes.

Ces choix politiques me contraignent moi-même au chomage (ou créent un sentiment de malaise et d’angoisse ou autre) pour lequel je demande réparation.

Je demande au tribunal de condamner l’Etat Français à me verser la somme de un euro symbolique.

Nom et signature

lundi 10 janvier 2011

convocation devant le tribunal correctionnel


comme le titre de ce blog l'indique, la question de l'emploi me préoccupe pas mal.


En désespoir de cause, devant la frilosité des juges, l'indifférence des politiques, j'ai donc décidé d'interpeller directement la population sur la question du droit constitutionnel d'obtenir un emploi.

Cela me vaut d'être convoqué devant le tribunal correctionnel.


Une nouvelle étape.


ci joint la copie de la convocation